https://www.lefigaro.fr/international/mer-agitee-reserve-d-air-limitee-grotte-sans-issue-le-recit-glacant-de-la-plongee-qui-a-vire-au-cauchemar-aux-maldives-20260522 Illustrations : https://hfr-rehost.aurait.eu/https://rehost.diberie.com/Picture/Get/f/516793 https://hfr-rehost.aurait.eu/https://rehost.diberie.com/Picture/Get/f/516794 https://hfr-rehost.aurait.eu/https://rehost.diberie.com/Picture/Get/f/516795 Accueil International Réservé aux abonnés Mer agitée, réserve d’air limitée, grotte sans issue… Le récit glaçant de la plongée qui a viré au cauchemar aux Maldives Par Thibaut Déléaz Le 22 mai 2026 à 14h30 Sujets Maldives plongée Les autorités ont reçu - et validé - une demande pour une étude sur les coraux et délivré une autorisation de plongée technique, au-delà des 30 mètres autorisés. Les autorités ont reçu - et validé - une demande pour une étude sur les coraux et délivré une autorisation de plongée technique, au-delà des 30 mètres autorisés. Les autorités ont reçu - et validé - une demande pour une étude sur les coraux et délivré une autorisation de plongée technique, au-delà des 30 mètres autorisés. Dietmar Beetz Germany Hdy 0172-6 / Richard Carey - stock.adobe.com RÉCIT - Malgré la mer agitée et les dangers d’une telle exploration sous-marine, quatre Italiens et leur moniteur de plongée se sont rendus dans une grotte à 60 mètres de profondeur. Ils n’en sont jamais ressortis. Passer la publicité Il est 13h30 ce jeudi 14 mai quand un yacht de croisière tire sa fusée de détresse dans l’atoll de Vaavu, au sud des Maldives. La mer est sombre et agitée : le service météo a émis le matin même une «alerte blanche» aux vents violents. Battu par les flots, le navire n’est pas en danger, mais la vingtaine de touristes à bord et les membres d’équipage rongent leur frein : voilà plus de deux heures que cinq d’entre eux sont partis plonger, bouteilles sur le dos. Et à bord, tous savent que chaque minute passée réduit un peu plus les chances de les voir remonter en vie. Ces cinq Italiens, parmi lesquels une éminente chercheuse en biologie marine, seront déclarés morts quelques heures plus tard. Il faudra ensuite plusieurs jours de recherches périlleuses et endeuillées pour récupérer leurs corps, prisonniers d’une grotte sous-marine obscure et difficile d’accès. Que faisaient-ils là, à 60 mètres de profondeur, bien au-delà de la limite de plongée autorisée aux Maldives ? Récit d’une funeste plongée en eaux sombres. Le cadre est, au départ, idyllique. Les eaux turquoise des Maldives, ses récifs coralliens, ses plages de sable blanc... Le Duke of York, un yacht de croisière de luxe de 36 mètres de long, est habitué à voguer dans l’archipel. Le navire construit en 2010 peut accueillir 24 passagers, compte 11 cabines et même un petit restaurant. Mais à bord, quatre Italiens sont plutôt intéressés par les fonds marins. Monica Montefalcone est une professeure réputée de biologie marine à l’université de Gênes. Elle est venue avec sa fille, Giorgia Sommacal, ainsi que Federico Gualtieri et Muriel Oddenino, deux jeunes chercheurs. Ils sont là pour une mission scientifique, mais aucune sortie en plongée vers une grotte ne faisait «partie des activités prévues» dans ce cadre, assure l’université au journal italien Corriere della Serra. Les autorités ont reçu - et validé - une demande pour une étude sur les coraux et délivré une autorisation de plongée technique, au-delà des 30 mètres autorisés. Mais à aucun moment il n’a été mentionné que cela impliquait de descendre dans cette dangereuse grotte, auquel cas des moyens de support auraient été mobilisés, selon le gouvernement. Seuls la professeure et les deux chercheurs sont, par ailleurs, mentionnés dans ces documents. Un premier corps retrouvé Pourtant, en fin de matinée ce jeudi-là, ils sont cinq à s’immerger : Monica Montefalcone emmène sa fille, et le groupe est conduit par Gianluca Benedetti, instructeur de plongée. À bord du Duke of York, personne ne sait ce qu’il se passe sous l’eau. Après deux heures sans nouvelles, décision est prise de tirer une fusée de détresse pour faire venir les secours. L’armée des Maldives a été mobilisée pour les recherches. Un soldat y a perdu la vie. Bureau du Président des Maldives / REUTERS La Force de défense nationale des Maldives (MNDF) déploie vedettes, avions et un navire des garde-côtes. Après une heure et demie de recherches, des plongeurs découvrent le corps de l’instructeur, Gianluca Benedetti, dans la première cavité de la grotte, là où percent encore quelques faibles faisceaux de lumière venus de la surface. Les quatre autres Italiens sont eux introuvables, mais les secours arrivent vite à la conclusion qu’ils sont probablement coincés à l’intérieur de la grotte. Ils sont considérés comme morts. Le mauvais temps complique les recherches. Celles-ci sont quasiment mises sur pause le vendredi. «Les conditions météorologiques ne sont pas idéales pour la plongée et nous faisons face à une mer très agitée», explique le porte-parole du gouvernement, Mohamed Hussain Shareef. Plonger dans des grottes ne s’improvise pas. Martine Carret, journaliste spécialisée plongée L’accès à la grotte est en lui-même un défi pour les secours. Le Russe Vladimir Tochilov est l’un des rares à s’y être aventuré, en 2014. Une vidéo publiée alors sur sa chaîne YouTube montre d’interminables boyaux étroits plongés dans l’obscurité totale. «Cette grotte n’est accessible qu’aux plongeurs spécialisés, bien préparés et expérimentés, et qui planifient correctement leur plongée», met-il en garde sur CNN, rappelant également l’importance d’une bonne préparation mentale pour ne pas paniquer. À cette profondeur en effet, «l’air comprimé est consommé très rapidement», explique dans Le Figaro Martine Carret, journaliste spécialiste de la plongée. «Au-delà de 60 mètres, la pression sur les gaz contenus dans l’air comprimé entraîne une toxicité de l’oxygène (hyperoxie) qui agit sur le système nerveux central et les poumons.» «Plonger dans des grottes ne s’improvise pas, insiste la journaliste. On part avec un fil d’Ariane, qui assure qu’on puisse retrouver la sortie rapidement. On s’immerge avec plusieurs lampes torches. On double toutes les mesures de sécurité pour ne pas être pris au dépourvu.» Le drame en entraîne un autre Samedi, trois jours après la disparition, le drame en entraîne un autre. Un militaire participant aux recherches, «le sergent-chef Mohamed Mahudhy, a été transporté à l’hôpital dans un état critique après avoir refait surface lors des opérations de recherche», annonce l’armée. Il «est décédé alors qu’il recevait des soins». Les recherches étaient si complexes que l’armée a dû faire appel à des experts finlandais. Maldives President's Office / REUTERS Les secours, eux, sont désormais assistés d’experts dont trois plongeurs finlandais d’une ONG d’assistance aux plongeurs, le Divers Alert Network (DAN). Lundi, les quatre corps sont enfin localisés «à l’intérieur de la grotte de l’atoll de Vaavu», annoncent les autorités. Ceux-ci se trouvent «dans une zone précise de la grotte, tous ensemble», précisera plus tard Laura Marroni, directrice générale de DAN Europe. Ils avaient franchi un couloir de 30 mètres de long et trois mètres de large se trouvant au fond de la première cavité de la grotte où a été retrouvé Gianluca Benedetti jeudi. Ils se trouvaient dans un embranchement en cul-de-sac de la deuxième cavité et plongé dans le noir total. Les corps sont «éparpillés ici et là, dans un périmètre de deux à trois mètres», raconte Patrik Gronqvist, un des plongeurs participant à l’opération de secours. Trois d’entre eux se trouvent au sol, le quatrième est au plafond. Ils disposaient d’une réserve d’air très limitée et donc de très peu de minutes au fond. Laura Marroni, directrice générale de DAN Europe L’opération est complexe. Le premier des trois plongeurs de DAN est chargé de récupérer les corps, le deuxième d’assurer la sécurité opérationnelle, et le troisième de documenter la récupération et le site de plongée. Deux premières dépouilles sont remontées à la surface mardi. Les deux dernières le lendemain. Les opérations de secours pour retrouver et remonter les corps des plongeurs ont duré près d’une semaine. Reuters Désorientés par un banc de sable ? Désormais, ce sont les questions qui émergent à Vaavu. Pourquoi avoir pris le risque inconsidéré de descendre si profond ? «Mon épouse n’était certainement pas irresponsable, s’est ému Carlo Sommacal, époux de Monica Montefalcone dans La Repubblica. Elle n’aurait jamais mis en danger ma fille Giorgia, qu’elle aimait sûrement plus que tout.» Les constatations des sauveteurs permettent en revanche de formuler de premières hypothèses sur l’accident. Laura Marroni estime probable qu’ils aient été victimes d’une «désorientation à l’intérieur de la grotte». L’étroit couloir qu’ils avaient emprunté entre la première et la deuxième cavité de la grotte s’achève en effet sur un banc de sable : il est facile de le franchir en entrant dans la chambre, mais il «peut limiter la visibilité» pour en ressortir. «Les plongeurs, n’arrivant pas à trouver le couloir de sortie, se sont retrouvés dans un couloir qui se trouvait sur la gauche» de ce dernier, avance Laura Marroni. Mais celui-ci était sans issue. «Étant donné qu’ils disposaient d’une réserve d’air très limitée et donc de très peu de minutes au fond, ils n’ont probablement même pas eu le temps de tenter à plusieurs reprises de retrouver la sortie correcte.» Le Duke of York a pu quitter la zone dans le week-end pour rentrer à Malé, la capitale, à une heure et demie de navigation des lieux du drame. Les autorités ont suspendu sa licence d’exploitation «pour une durée indéterminée». Une enquête a été ouverte. Lors de la récupération des corps, les sauveteurs ont pu remonter les caméras GoPro des plongeurs. L’exploitation des images pourra peut-être éclairer les derniers moments des Italiens dans la grotte... La rédaction vous conseille Six morts dans un accident de plongée aux Maldives : comment expliquer un tel drame ? Naufrages, incendies... Le tourisme de plongée en mer Rouge est-il maudit ? Mer agitée, réserve d’air limitée, grotte sans issue… Le récit glaçant de la plongée qui a viré au cauchemar aux Maldives S'abonner Passer la publicité Passer la publicité 230 commentaires P N L le 25/05/2026 à 23:14 En plongée, on ne ressent pas trop l’état de la mer. Seul le bateau le ressent. Mais une plongée à 60 m, dans un grotte à l’accès difficile, doit être soigneusement préparée, et n’est pas à la portée d’amateurs ne disposant pas d’un bon équipement. Quand au sauveteur, il a sans doute lui aussi, manqué d’air, et n’à pas respecté les paliers recommandés de décompression. Ser Brienne de Savoie le 25/05/2026 à 20:34 Ce sont des plongeurs expérimentés, ils connaissent le danger des grottes, la météo et mauvaise et ils y vont quand même. Je ne comprends pas. anonyme 116521 le 25/05/2026 à 19:00 L’instructeur !!!! Grosse erreur https://www.lefigaro.fr/international/mer-agitee-reserve-d-air-limitee-grotte-sans-issue-le-recit-glacant-de-la-plongee-qui-a-vire-au-cauchemar-aux-maldives-20260522